Différence entre le français de France et celui du Québec

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# 12/10/2014 à 18:19 Adrien
Bonjour,

Étant français (de France) et curieux de certaines particularités lexicales du français parlé au Québec je suis tombé sur cette page (http://iciplaneteterre.e-monsite.com/pages/la-langue-francaise/difference-entre-le-francais-de-france-et-celui-du-quebec.html) et souhaite réagir, peut-être tardivement, à ce qui y est écrit.

Je tiens d'abord à apporter quelques précisions sur des termes supposés être employés en France alors qu'en réalité ils ne le sont que rarement ou même jamais s'agissant de certains :
Pour ce qui est de notre « girlfriend », c’est tout simplement notre « blonde » comme dans la chanson « Auprès de ma blonde ».

Girlfriend n'est jamais utilisé sérieusement en France, on dira petite amie, les jeunes parlent plus de leur "copine", la "meuf" (l'équivalent de "mon mec") s'entend de moins en moins.

De plus, nous n’allons ni aux « waters » ni aux « w.c. ». Nous allons tout simplement à la salle de bains ou aux toilettes. Et nous ne mangeons pas de « cookies » mais des biscuits.

Waters n'est pas plus utilisé que girlfriend. Nous allons aux WC lorsque l'on parle familièrement, en public et de manière générale nous allons "aux toilettes" comme vous.
Et oui, nous mangeons des cookies, mais qui ne sont qu'une sorte de biscuits parmi tant d'autres.

nous n’emmenons pas nos enfants à la « crèche » mais à la garderie

Crèche et garderie coexistent en France, les deux étant destinées à accueillir les enfants selon des modalités qui diffèrent.

Nous ne prenons ni « l’élévator », ni « l’escalator » mais plutôt l’ascenseur et l’escalier roulant.
Nous allons faire notre épicerie et non notre « grocery », en passant par la pharmacie et non la « droguery » et chez le nettoyeur et pas « au pressing ». De plus, nous « magasinons » ou faisons du lèche-vitrine et non du « shopping ».
Et nous ne faisons pas du « roller » mais du patin à roulettes.

Je ne sais pas dans quels films vous avez entendu ces termes mais, vivant en France depuis toujours, personne ne m'a jamais dit qu'il allait faire sa grocery à la droguerie. En France, on préfère aller faire les courses au supermarché, au magasin, à l'épicerie. A la pharmacie, très règlementée, on y va quand on a besoin de médicaments, de produits d'hygiène ou de matériel médical.
Je me souviens avoir déjà entendu "drugstore" dans la version française d'une série américaine, mais ce mot n'est pas utilisé en France. Je suppose que les traducteurs se sont retrouvés confrontés à l'absence d'équivalent en français, le concept du drugstore n'existant pas en France.
Il est vrai que nous ne magasinons jamais mais nous laissons le shopping aux ados des mêmes séries américaines, quelques ados françaises et des médias "populaires" l'emploient parfois, mais il est beaucoup plus courant de "faire les magasins". Le lèche-vitrine existe aussi, mais est de moins moins employé.
De même je n'ai jamais pris l'elevator, en France nous prenons aussi l’ascenseur. L'escalator s'est fait appeler comme ça à son arrivée mais aujourd'hui c'est dépassé : nous prenons aussi l'escalier roulant.
Je plaide coupable pour le roller. Le patin à roulettes existe aussi mais les deux désignent deux objets différents : le roller est le patin à roulettes avec les "roues en ligne", le patin à roulettes est sa version plus stable et plus ancienne avec deux fois deux roues.

Il nous arrive encore parfois de « downloader » des fichiers ou des logiciels mais nous utilisons de plus en plus le terme « télécharger », de même que nous « faxons » encore des documents au lieu de les télécopier.

Si en France le "fax" n'est pas prêt de disparaître au profit de la "télécopie", les français "téléchargent" depuis toujours.

Et lorsque j'entends des acteurs comme Kurt Russel dans « La Porte des étoiles » ou encore Will Smith dans « Hitch » dire à un autre homme: « Alors, comment ça va ma poule? », je dirais que mes cheveux se dressent sur ma tête.

Je vais vous rassurer en vous annonçant que le terme "ma poule" est aujourd'hui très ringard. Je me suis tout de même amusé de la différence de perception qui peut exister : ceux qui disent encore "ma poule" en France passent pour des arriérés qui ont tendance à être plus homophobes que homosexuels.
En passant, vous ne trouverez plus beaucoup de personnes en France, excepté chez les personnes âgées qui vous parleront de leur "nana", de leur "jules", encore moins de leur "gonzesse" et de leur "donzelle", et qui vous diront qu'ils ont la "pêche" ou que, la nuit dernière "c'était le feu de dieu".
# 12/10/2014 à 19:04 Adrien
Je souhaitais également réagir à la dernière partie du sujet que j'ai cité qui aborde un autre problème que la différence de vocabulaire, pour y apporter mon point de vue.

Alors, quant à moi, je préfère de beaucoup les films postsynchronisés ici au Québec que ceux traduits en France. Et je suis persuadée que ces postsynchronisations québécoises respectent beaucoup plus le langage français international. Je mets donc les français au défi d’écouter un film postsynchronisé au Québec et de me dire qu’ils n’ont pas compris. [...] J’ai appris que les émissions de télé québécoises devaient être « retraduites » pour pouvoir être entendues en France. C’est bizarre, parce que nous, nous n’avons jamais « retraduit » vos émissions françaises et nous nous sommes habitué à votre langage qui, soit dit en passant, est le même que le nôtre : le français.

Alors, tout ça pour dire que depuis plus de quarante ans, nous nous sommes habitué au langage des français et nous comprenons la signification de la plupart de ces expressions. Ne serait-il pas à peu près temps que les français s’habituent aussi à notre différence de langage? Nous avons fait un gros effort pour les comprendre et il serait normal qu’ils en fassent autant, non?

Il est déjà arrivé que je peine à suivre devant un programme québecois. Évidemment, l'essentiel est compris, et les particularités lexicales sont vites comprises et assimilées grâce au contexte. Vous avez listé les termes "de France" entendus au fil des années, je pourrais de la même façon citer les termes "du Québec" : magasinage, centre d'achat (centre commercial en France), sortir les vidanges (on sort les poubelles), faire une laveuse (on fait une machine ou on lave le linge), "c'est plate",... Ces termes, je les tire de la série Les Parents que les enfants regardent ici avec plaisir (dans sa version non retraduite pour français paresseux). Mais il faut avouer que lorsque les acteurs enchainent les expressions québecoises en "mangeant" certains mots ils n'entendent tout simplement pas tout ce qu'ils disent, et moi non plus. Mais il n'y a aucun rejet du "parlé" québecois. Le terme "niaiseux" qui leur plait beaucoup a d'ailleurs tendance à s'inviter dans leurs conversations.
# 22/12/2014 à 21:54 iciplaneteterre
Merci beaucoup Adrien pour vos précisions. Malheureusement, les séries américaines et films américains qui nous parviennent sont postsynchronisés en France avec les noms des doublures et la plupart des mots cités dans cet article sont encore et toujours employés.
Et on ne fait pas une laveuse (elle est déjà faite puisque construite cette machine à laver, non? ) mais notre lavage ou notre lessive.
Malgré tout, je suis d'accord avec vous sur un point: certains acteurs québécois articulent très mal et moi-même, j'ai de la difficulté à les comprendre.
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