Différence entre le français de France et celui du Québec

Depuis que nous écoutons des films français ou post-synchronisés en France et ce, depuis plus de 40 ans, nous avons beaucoup appris.

 

Nous avons appris à « mettre les bouts », à « nous casser », à « nous magner », ou à « nous barrer » et à « nous planquer ». Nous avons appris que sans « oseille », on va pas très loin et qu’il faut plus que 100 « balles » ou « briques » pour vivre décemment.

 

Nous avons appris à « avoir les boules », à « piauler », à « bosser » et à « faire un carton »

 

Nous avons appris à « gerber », à « gamberger », à « bâfrer », à avoir « la pêche », la « cote » et à obtenir des « rancarts » sans être trop « ringard » avec notre « galure » ou « galurin » ou encore notre « costard » et nous savons aussi très bien « tomber la veste » quand cela est permis.

 

Nous avons appris à aller « en boîte » dans des discothèques où c’est « le feu de Dieu ».

 

Nous avons appris comment faire un « baroud » ou un « doigt » d’honneur.

 

Nous avons appris à avoir mal au « bide » et à assister à une course de « bourins »

 

Nous avons appris ce qu’était un « mec » ou un « jules ». Pour nous, c’est notre « chum », notre petit ami, notre conjoint ou notre mari.

 

Nous avons appris qu’une « nana », une « môme », un « gonzesse », une « donzelle » ou une « souris »  pouvait être « canon ».

 

De plus, chacun de nos « squares » ont un nom bien particulier. Carré « quelque chose ».

 

Pour ce qui est de notre « girlfriend », c’est tout simplement notre « blonde » comme dans la chanson « Auprès de ma blonde ».

 

Nous avons appris ce qu’était une congère mais chez-nous, c’est tout simplement un « banc de neige ».

 

Par contre, chez-nous il n’y a aucun « » dans les mots finissant en « isme » comme en anglais, tels socialisme, fascisme. Et donc, nous ne prononçons pas « socializme ».

 

Il n’y a pas non plus de « o » dans le mot linguiste et donc nous ne le prononçons pas « lingouiste ».

 

De plus, nous n’allons ni aux « waters » ni aux « w.c. ». Nous allons tout simplement à la salle de bains ou aux toilettes. Et nous ne mangeons pas de « cookies » mais des biscuits.

 

Et nous n’emmenons pas nos enfants à la « crèche » mais à la garderie.

Chez-nous, une crèche, c'est un endroit où on place des orphelins ou des enfants abandonnés en vue d'adoption. Ce mot n'a jamais eu d'autre signification ici.

 

Tous les mots ayant trait au langage automobile ont été francisé mais il nous arrive parfois d’utiliser le terme anglais, soit parce que nous y sommes habitués ou parce qu’il est plus court : tels les « breaks » au lieu des freins, le « bumper » pour le pare-choc ou encore la « clutch » pour la pédale d’embrayage.

 

Il nous arrive encore parfois de « downloader » des fichiers ou des logiciels mais nous utilisons de plus en plus le terme « télécharger », de même que nous « faxons » encore des documents au lieu de les télécopier.

 

Par contre, lorsque nous stationnons notre voiture, c’est dans un stationnement et non dans un « parking ».

Nous ne prenons ni « l’élévator », ni « l’escalator » mais plutôt l’ascenseur et l’escalier roulant.

Nous allons faire notre épicerie et non notre « grocery », en passant par la pharmacie et non la « droguery » et chez le nettoyeur et pas « au pressing ». De plus, nous « magasinons » ou faisons du lèche-vitrine et non du « shopping ».

Et nous ne faisons pas du « roller » mais du patin à roulettes.

 

 

Pour ma part, il y a deux autres choses qui m’agacent royalement dans les post-synchronisations françaises :

 

- L’expression « ça craint » qui est employée presque à toutes les sauces.

 

- Et lorsque j'entends des acteurs comme Kurt Russel dans « La Porte des étoiles » ou encore Will Smith dans « Hitch » dire à un autre homme: « Alors, comment ça va ma poule? », je dirais que mes cheveux se dressent sur ma tête.

 

Ici, si un homme ou un « gars » disait cela à un autre, il passerait carrément pour un « pédé », un « homo » ou une « tapette » ou encore un « fif » pour « fifi » qui est l’expression assez courante pour désigner un homosexuel.

 

C’est probablement notre côté puritain anglais qui ressort ici.

 

Pour dire franchement, chaque fois que j’entends ces deux expressions, je suis irritée au plus haut point.

 

Alors, quant à moi, je préfère de beaucoup les films postsynchronisés ici au Québec que ceux traduits en France. Et je suis persuadée que ces postsynchronisations québécoises respectent beaucoup plus le langage français international. Je mets donc les français au défi d’écouter un film postsynchronisé au Québec et de me dire qu’ils n’ont pas compris.

 

Et quand nous « sacrons », nous ne disons pas Tabernacle mais plutôt « Tabarnak ».

Je tiens toutefois à spécifier que ce n’est pas toute la population du Québec qui sacre et donc, que ce n’est pas une caractéristique nationale!

 

De plus, la plupart d’entre nous ont même adopté l’expression « Bon week-end » qui a été francisé par l’Académie française mais pour lequel je ne suis personnellement pas d’accord car il s’agit bien évidemment d’une expression carrément anglaise. Je continue donc à souhaiter une « Bonne fin de semaine » à tout le monde.

 

Je trouve d’ailleurs bien regrettable que cette Académie française ait francisé beaucoup de mots ou d’expression anglaise et en ait accepté d’autres parce qu’ils étaient couramment utilisés. Nous avons déjà beaucoup de mal à garder notre langue française pure. Sans compter que de plus en plus de personnes ne connaissent plus l’orthographe et nous voyons des « fôtes » de français même dans des livres publiés. C’est aberrant à mon avis.

 

Ce n’est pas parce que cette Académie est française que nous devons adopter toutes ces nouvelles expressions.

 

J’ai appris que les émissions de télé québécoises devaient être « retraduites » pour pouvoir être entendues en France. C’est bizarre, parce que nous, nous n’avons jamais « retraduit » vos émissions françaises et nous nous sommes habitué à votre langage qui, soit dit en passant, est le même que le nôtre : le français.

 

Alors, tout ça pour dire que depuis plus de quarante ans, nous nous sommes habitué au langage des français et nous comprenons la signification de la plupart de ces expressions. Ne serait-il pas à peu près temps que les français s’habituent aussi à notre différence de langage? Nous avons fait un gros effort pour les comprendre et il serait normal qu’ils en fassent autant, non?

 

Mais, comme « d’hab », c’est toujours aux mêmes de plier, hein? Pas très « règlo » ni « l’éclate » tout ça.

 

Un peu de respect ou de tolérance ne ferait pas de tort, je pense.

 

Les européens nous disent que nous sommes américanisés mais si nous regardons les termes cités plus haut et qui sont carrément empruntés à la langue anglaise, je crois que c’est « kif-kif » ou « moitié-moitié ». Autant les européens que les québécois sont anglicisés.

 

 

Alors, qu’on cesse de critiquer notre façon de parler et qu’on regarde dans notre propre cour. C’est comme la fameuse phrase de l’évangile « On voit la paille dans l’œil du voisin mais on ne voit pas la poutre qui est dans le nôtre ».

 

Personnellement, j’ai beaucoup de contact avec des européens et je n’ai jamais eu de mal à me faire comprendre.

 

Et si, certains de nos mots ou de nos expressions paraissent farfelus aux européens, je me ferai une joie de les leur traduire ou leur expliquer la signification de ces termes.

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