Franc-Maçonnerie: Place de la Femme

La place de la femme dans la franc-maçonnerie est fort complexe. Au tout début de la création des premières loges maçonniques, les femmes n’étaient pas reconnues comme étant des êtres libres puisque dépendant des hommes (père, frère, mari, fils).

Puis, en 1744, un Ordre dit « de la Félicité » recevait des femmes dans des loges para-maçonniques. Ces loges, alors placées sous la tutelle et la direction des hommes, étaient constituées d'épouses, filles ou autres femmes proches des franc-maçons. A ce moment-là, elles n’étaient pas initiées mais avaient droit à une cérémonie d'adoption. Ce genre d’ordre s’étant rapidement propagé, le Grand Orient de France leur constitua un statut en créant des loges dites d’adoption.

Ces loges d’adoption survécurent après la Révolution française de 1789. L'Impératrice Joséphine aurait même été Grande Maîtresse en 1805.

Enfin, en 1882, une loge de la Grande Loge symbolique écossaise initia une journaliste et militante féministe du nom de Maria Deraismes. Elle fut initiée par le Président de la loge des Libres-penseurs du Pec, Georges Martin et en 1893, elle fonda l’obédience mixte internationale du Droit humain qui proclame l'égalité des droits des deux sexes et se répand rapidement, au cours de la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dans une cinquantaine de pays.


Les loges féminines ou mixtes ne firent pas l’unanimité au sein de la franc-maçonnerie et ce n’est que 1945, lorsque les femmes obtinrent le droit de vote que ces loges obtinrent leur autonomie.

De nos jours, dans la plupart des pays européens, les femmes peuvent rejoindre des obédiences mixtes ou exclusivement féminines, les plus anciennes étant l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit humain, fondé en 1901 et l’Order of Women Freemasons, fondé en 1908.

Les obédiences libérales reconnaissent généralement les loges mixtes et féminines. Certaines, comme le Grand Orient de France, reconnaissent les loges féminines et acceptent la présence des femmes dans leurs loges mais ne les initient pas.

La franc-maçonnerie de la branche traditionnelle, en revanche, ne reconnaît formellement aucun groupe acceptant les femmes. Par exemple, la Grande Loge unie d’Angleterre considère depuis 1998 que certaines loges mixtes font partie de la franc-maçonnerie mais ne les reconnaît pas officiellement. Elle n’admet donc dans ses rangs que des hommes et ces derniers doivent être croyants.

Aux USA et au Canada, il est assez commun que les femmes ne rejoignent pas la franc-maçonnerie directement mais plutôt via des associations distinctes, comportant leurs propres traditions et leurs propres rituels, comme The Order of the Eastern Star ou Daughters of the Nile qui fonctionnent de concert avec les loges maçonniques traditionnelles.

C’est aujourd’hui sur le continent nord-américain que l’on retrouve la plus grande résistance à la reconnaissance des femmes dans la franc-maçonnerie.

Dans le cadre de la franc-maçonnerie libérale et spiritualiste, les loges mixte et féminine se sont considérablement répandues.

 

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